⚽ DERBY DE BELGRADE ⚽

Le Derby de Belgrade, nommé aussi le Derby Éternel en raison de l’antagonisme qui existe entre les 2 clubs de la capitale : l’Étoile Rouge de Belgrade et le Partizan. Ces deux clubs serbes se sont partagés la majorité du palmarès championnat de Yougoslavie jusqu’à sa disparition au début des années 2000 et celui du championnat de Serbie-et-Monténégro jusqu’en 2006. Depuis, la même domination sur les titres nationaux existe dans le championnat de Serbie.

L’Étoile rouge et le Partizan sont fondés la même année, 1945. L’Étoile est fondé le premier, le 4 mars, et représente le Parti communiste de Yougoslavie. Créé le 4 octobre, le Partizan est lui le club de l’Armée populaire yougoslave.  

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Nous sommes le 1er mars 2020, sous une température douce, à quelques heures du derby le plus chaud d’Europe. Un match opposant l’Étoile Rouge de Belgrade et le Partizan dans le stade Marakana, à 18h. Ce match comptant pour la 24ème journée du championnat est diffusé dans une vingtaine de pays dans le monde. Des étrangers venus du monde entier ont fait le déplacement pour assister au Derby de Belgrade. Les alentours sont surchargés, entre les supporters venus en nombre pour ce match de gala, les voitures et la police tentant d’encadrer cet événement.

Un match sous haute surveillance

Du centre ville jusqu’au stade et particulièrement devant les ambassades et les bâtiments du gouvernement, des groupes de policiers serbes de 5 à 10 unités se succèdent tous les 100 mètres, munis de boucliers, matraques, chiens, chevaux, casques et tutti quanti. Plus de 2 000 policiers sont présents pour encadrer les supporters des deux camps.

Du côté des forces de l’ordre, on craint des affrontements entre les supporters du Partizan avec le principal groupe d’ultras & hooligans les Grobari (signifie Fossoyeur en français) et les supporters de l’Étoile Rouge les Delije (les Vaillants). D’autant que pour l’occasion, les amitiés des deux camps sont venus de Grèce et de Russie pour venir assister au spectacle. Pour ne pas déroger à la règle, en début d’après-midi, des affrontements ont eu lieu dans les cités de Belgrade. L’ambiance est donnée…

Une rivalité politique ?

Dans l’Europe de l’Est d’après-guerre, football rime souvent avec politique. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les deux formations voient le jour à quelques mois d’intervalle. D’un côté, l’Etoile Rouge de Belgrade fondée le 4 mars 1945 par des antifascistes représentants du Parti communiste Yougoslave. De l’autre, le club de l’armée Yougoslave, le FK Partizan Belgrade crée le 4 octobre 1945. Les oppositions entre les deux équipes tournent rapidement à la confrontation entre le ministère de la Défense et celui de l’Intérieur.

Aujourd’hui, nous sommes loin de la réalité de l’époque, du moins en tribunes où malgré la rivalité sportive, les deux virages les plus chauds de Belgrade sont très proches politiquement dû à leur proximité avec l’extrême droite. En attestent les nombreuses amitiés des deux principaux groupes de supporters en Europe, avec un petit clin d’œil du destin : Le Spartak Moscou pour l’Etoile Rouge et le CSKA Moscou pour le Partizan

Une ville marquée par la guerre

Un petit mot sur la ville de Belgrade avant de passer au match. La« ville blanche » souffre d’une image floue, encore marquée par la guerre du Kosovo et les bombardements de l’OTAN. Entre Orient et Occident, Belgrade, Beograd en serbe, c’est aussi 7 000 ans d’histoire, du règne ottoman à la période austro-hongroise, jusqu’à la Yougoslavie de Tito. De quoi en faire le nouveau Berlin ? Peu importent les comparaisons, Belgrade est elle-même et s’éveille.

Aujourd’hui, la ville essaie de se relever des blessures de guerre. De magnifiques monuments sont à visiter comme la cathédrale de Saint-Sava (la plus grande église orthodoxe du monde), la rue bohème,  la forteresse de Belgrade et le parc de Kalemegdan. Réputé d’être une ville nocture, vous pourrez faire la fête sur une péniche sur les bords du Danube.

Pour ne rien gâcher, la population est particulièrement accueillante et tout le monde ou presque parle anglais.

Une ambiance enflammée

Il ne fallait pas être asthmatique.

Historiquement, le derby de Belgrade entre l’Étoile rouge et le Partizan a toujours été un affrontement particulièrement chaud, à la fois sur le terrain et en tribunes. Ce dimanche, le match de championnat opposant les deux clubs de la capitale serbe n’a pas échappé à la règle, comme le montrent ces images ci-dessous.

Tifo, fumigènes, pots de fumée, feux d’artifice, les supporters des deux camps n’ont pas fait les choses à moitié pour le Derby de Belgrade. Ce soir-là, Belgrade était la capitale du football. Un spectacle pyrotechnique complètement hallucinant pour des prix largement accessibles au grand public.

50% du stade est représenté par les ultras, cela donne une impression de forteresse et une motivation supplémentaire pour les joueurs.

Un derby électrique

38 800 spectateurs sont venus assister au match de l’année en Serbie. Les deux premiers du classement du championnat serbe ont partagé l’enjeu (0-0). L’Étoile Rouge conserve sa place de leader avec onze points d’avance sur son dauphin. Néanmoins la partie a été intense avec neuf cartons jaunes distribués, dont sept pour le Partizan.

Le spectacle était plus présent en tribunes que sur la pelouse… Sérieusement, y’a-t-il des gens (hors fans des équipes concernées) qui viennent voir le derby de Belgrade seulement pour le football ?

Au final, ce derby de Belgrade fut une expérience qui valait le coup d’être vécue et cela ne me déplairait pas de revenir pour un autre derby. Mais dans l’autre camp cette fois-ci, au sein de l’antre du Partizan, le Stadion Partizana.

Les notes

Match de football
2.5/5

Un match très fermé avec 9 cartons jaunes, beaucoup d’occasions gâchées, une faiblesse technique dans les 25 derniers mètres. Au final, un score nul et vierge (0-0). L’enjeu l’a emporté sur le match…

Stade
2/5

Le stade Rajko Mitić, surnommé le “Marakana” est un stade mythique d’une capacité de 53 000 places. Cependant, le stade se fait vieillissant avec des sièges usagés. Nous constatons aussi un manque flagrant d’équipement : WC, buvettes…

Quartier environnant
3/5

Le stade se situe à environ 20 minutes du centre-ville. Nous vous conseillons fortement de rester dans les grands axes car des fights ont souvent lieu dans les rues étroites se situant aux alentours entre hooligans & ultras.

Disponibilité des billets
2/5

Les billets pour le Derby de Belgrade partent très rapidement. La photo a été prise seulement quelques jours après l’ouverture de la billetterie et il reste seulement quelques places à vendre. Beaucoup de zones sont fermées car le match est placé à haut risque, une présence policière encadre les possibles risques de trouble. Un virage entier est réservé aux supporters visiteurs (Partizan). Pour ne pas faciliter la tâche, les différents groupes de supporters du Partizan ne s’entendent guère, obligé d’être séparé.

Tarif
5/5

Seulement 4.25 le match en virage et 9.50 le match en tribune ! C’est cadeau pour l’affiche de l’année.

Accessibilité et transports
3.5/5

Le stade ne dispose pas de parking mais très facile d’accès en bus ou en tram. Sinon prévoyez 20 min à pied depuis le centre-ville.

Ambiance
5/5

Difficile de trouver mieux en Europe ! Puissance vocale soutenue, tifos, pyrotechnie…

Sécurité
2/5

Avant le match, des incidents ont eu lieu entre deux groupes d’ultras du Partizan à l’enceinte du stade. Des feux ont été allumé sur des sièges dans le parcage visiteur. Des bagarres ont éclaté entre fans du Partizan et de l’Etoile Rouge à l’extérieur du stade malgré une forte présence policière. Assez fréquent pour ce derby. En latérale, le risque sera minime.

Ville
3/5

Cette ville dégage un charme particulier, marquée par une forte histoire. En reconstruction, nous vous conseillons d’y rester un week-end. Une belle ville nocturne.

Match de football
2.5/5
Stade
2/5
Quartier environnant
3/5
Disponibilité des billets
2/5
Tarif
5/5
Accessibilité et transports
3.5/5
Ambiance
5/5
Sécurité
2/5
Ville
3/5
Match de football
2.5/5
Stade
2/5
Quartier environnant
3/5
Disponibilité des billets
2/5
Tarif
5/5
Accessibilité et transports
3.5/5
Ambiance
5/5
Sécurité
2/5
Ville
3/5